2018 – Fontaine Sonore

L’origine
Le nom Fontaine Sonore fait référence aux Douches Sonores et aux Miroirs Acoustiques. Il prend son origine dans la définition du mot ‘noise’ qu’a donné Pierre Borel dans son dictionnaire « Trésor de Recherches et Antiquitez Gauloises et Françoises » en 1655. Il dit, je cite : « […] Et ailleurs il appelle noise, le bruit agréable ou murmure que fait une fontaine.[…]. »
Cette pièce fait suite au travail mené avec l’artiste vidéaste Claire Willemann lors de notre résidence à La Box à l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges au cours de laquelle j’ai spécifiquement travaillé sur l’environnement sonore des Oies. Cette résidence nous a permis de développer notre projet Anima.

Résidence La Box.
Projet Anima.

Le nom ‘Fontaine Sonore’ n’est pas non plus anodin car il caractérise pour moi, comme le dit très bien Pierre Borel, le « bruit agréable ou murmure » que l’on peut expérimenter partout à travers le monde. Pour ma part et pour l’anecdote, je me trouvais à Mons pour le festival City Sonic. Nous étions en terrasse autour de la place principale de la ville au milieu de laquelle une fontaine fait jaillir son eau tout au long de la journée, quand tout à coup, à minuit pile, le jaillissement a cessé et l’eau est retombée une dernière fois au sol. S’en est suivi un silence surprenant et les discussions se sont arrêtées. Le bruit de fond continu s’était stoppé net et nous avons du retrouver un nouveau liant sonore.

J’aimerais ici vous renvoyez au manifeste de Luigi Russolo ‘L’arte dei Rumori’ dont la traduction française de ‘rumore’ (rumori au pluriel) est soit fausse, soit excessive, soit imprécise. Puisque l’origine du mot ‘rumore’ est en latin ‘rumor’ et signifie : « Bruit qui circule, rumeur, murmure, etc. »



L’objet
Cet objet, la fontaine sonore, permet une exploration spatiale du son. Ce premier prototype a été conçu avec l’idée d’orienter le flux audio le plus possible face à l’enceinte. Le phénomène se produit grâce à la parabole qui oriente les ondes face à elle. Un autre phénomène a surgit, qui est le phénomène de diffraction des ondes.

Àu travers de ces 3 vidéos, je vous propose d’expérimenter le phénomène d’amplification de l’intensité sonore lorsque l’on se trouve face à l’enceinte ainsi que le phénomène de diffraction des ondes qui lui se manifeste plus spécifiquement à « l’extérieur de la parabole ».

Le phénomène de diffraction prend son origine à l’embouchure du cône de projection. À cet endroit, les ondes ne suivent plus une ligne droite mais s’ouvrent, un peu comme lorsque l’on ouvre un livre et que chaque page reste debout avec un angle différent. Il faut imaginer qu’à chacun des angles pris par une page correspond une fréquence. Plus la fréquence sera basse, plus l’angle sera élevé.

Ici, j’ai choisi trois fréquences différentes : 100hz, 4000hz et 8000hz.
Chacune de ces fréquences produit un effet spécifique. La fréquence de 100hz n’est quasiment pas renvoyée par la parabole, contrairement aux fréquences plus aiguës. La fréquence de 4000hz est à peu près la fréquence limite de renvoi des ondes par ce prototype.
Toutes les fréquences au-dessus de 4000hz seront donc amplifiées par la parabole mais subiront aussi le phénomène de diffraction. Pour être bref, du phénomène de diffraction résulte une mise en phase et un déphasage des ondes (qu’elles soient lumineuses ou sonores). Ainsi, à certains endroits de la pièce, lorsqu’il y a déphasage, l’intensité sonore chute sensiblement voir totalement.

Lorsque nous nous déplaçons dans cet espace sonore nous expérimentons donc les trous sonores. Notre vitesse de déplacement à une influence capitale sur notre manière de percevoir ce qui arrive à notre oreille.

Pour les besoins de démonstration, j’ai chaussé un casque sur mes oreilles sur lequel sont scotchés 2 micros. Nous pouvons aisément imaginer qu’ils remplacent nos oreilles pour les besoins de la vidéo. Évidemment, aucun casque n’est nécessaire pour expérimenter soit-même les 2 phénomènes.

Dans un futur je l’espère assez proche, d’autres objets seront construits et je serai en mesure de travailler et de composer l’espace sonore au delà du côté scientifique.

L’écoute au casque est fortement conseillée.

Je souhaite ici remercier chaleureusement Quentin Aurat pour les prises de vue.

Dans cette version, le phénomène de diffraction n’a pas été volontairement calculé. Il le sera dans une seconde version que voici :